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Pathologie des os sésamoïdes

Les os sésamoïdes doivent leur nom à Galien  en raison de leur ressemblance avec les graines de sésame. Ils ont été longtemps considérés comme le siège de l'âme humaine.
 
Les sésamoïdes du premier orteil commencent leur ossification vers 8-9 ans chez la fille et 10-11 ans chez le garçon. Le sésamoïde médial peut être bi-partita dans 10% des cas et souvent de façon bilatérale. Leur absence congénitale est extrêmement rare.
 
Ils sont enchassés dans les deux expansions du tendon du court fléchisseur de l'hallux. Le sésamoïde médial est en plus le site d'insertion de l'abducteur de l'hallux, le sésamoïde latéral est le siège d'insertion de l'adducteur de l'hallux. Le complexe métatarso-sésamoïdo-phalangien a un triple rôle: propulsif, amortisseur et recentrage de la tête de M1 et du long fléchisseur de l'hallux lors de la marche.
 
Les sésamoïdes sont soumis à une force de compression verticale lors de l'appuis et à une force de tension horizontale lors de la propulsion.
Lors du pas la force de compression varie de la phase plantigrade à la phase de propulsion. La charge passe progressivement du cinquième au premier métatarsien. Celui-ci est soumis à une force de compression 4 à 5 fois plus élevée que les autres métatarsiens. Lors de l'initiation de la phase de propulsion, le sésamoïde médial s'abaisse.On comprend dès lors qu'il est plus souvent traumatisé que le sésamoïde latéral. Lors d'un sprint, le sésamoïde médial peut subir une compression de l'ordre de 300 Kg. Divers facteurs peuvent augmenter le risque de pathologie des sésamoïdes : Premier rayon court, varus du premier rayon, hypoplasie de la crête sous la tête de M1, activité sportive intense.
 
Diverses pathologies peuvent toucher les sésamoïdes: La maladie de Renander ou ostéochondrodystrophie sésamoïdienne est une nécrose de croissance touchant plus fréquemment la jeune fille entre 9 et 17 ans. Elle a un début progressif et est favorisée par une activité sportive intense (danse, athlétisme) et des troubles statiques ou dynamiques du pied. L'imagerie montre une hyperdensité puis une fragmentation de l'os. L'évolution est spontanément favorable. Le repos sportif et la pose d'une orthèse plantaire suffit en général.
L'ostéonécrose aseptique de l'adulte représente un peu la même situation chez l'adulte. Elle survient à distance d'un traumatisme. Elle est plus souvent unilatérale et touche d'avantage le sésamoïde médial. L'évolution à moyen terme est spontanément résolutive.
La fracture du sésamoïde présente une douleur intense en rapport direct evc un traumatisme. L'impotence est plus marquée qu'en cas de nécrose. La radiographie montre la solution de continuité (qui peut être confondue avec un os bi-partita). le scanner affirme la fracture avec ses bords nets et "tranchants". Le traitement varie selon les auteurs, il va de la prescription d'orthèses amortissantes, à la décharche stricte avec ou sans botte en résine. Certains auteurs préconisent le cerclage chirurgical au fil résorbable.
La fracture de stress du sésamoïde n'est rencontrée qu'en milieu sportif. Elle survient progressivement. La radiographie standard ne montre souvent rien. Le scanner ou la RMN affirmeront le diagnostic. Le traitement est comparable au traitement de la fracture. Des pathologies microcristallines (goutte, chondro-calcinose) peuvent siéger au niveau des sésamoïdes, ainsi que des maladies inflamatoires (polyarthrite rhumatoïde).


















    
 

    fracture du sésamoïde médial                                                                                            Nécrose du sésamoïde médial

      Dr Hervé AUQUIER




    









 













































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