Ostéochondrite disséquante du condyle fémoral.
1. L'ostéochondrite du condyle fémoral se rencontre le plus souvent en pré-adolescence, entre 11 et 14 ans. Certaines formes se rencontrent plus tard. Il est plus exceptionnel d'en découvrir avant 10 ans. En règle général, plus la pathologie survient tôt, meilleur est le pronostic.
2. Les premiers cas ont été décrits dans la deuxième moitié du dix- neuvième siècle par Paget, puis Koenig. Paget, déjà, différenciait l'ostéochondrite disséquante de la fracture ostéochondrale post traumatique.
3. La lésion concerne une zone circonscrite de l'os sous chondral qui se nécrose. Dans un premier temps le cartilage de surface est respecté. Progressivement celui-ci s'affaisse créant un séquestre ostéo-cartilagineux qui peut se libérer dans l'articulation.
4. L'étiologie du phénomène est mal comprise. Deux tendances s'affrontent. Dans l'une, des micro-traumatismes répétés sont à l'origine de la lésion, dans l'autre un trouble de la vascularisation locale serait le facteur déclanchant. Des biopsies ont montré que la lésion est constituée d'os sous chondral mort et non inflammatoire, d'où l'idée de certains auteurs de parler d'ostéochondrose et non plus d'ostéochondrite.
5. Les lésions d'ostéochondrites touchent trois fois sur quatre le condyle interne. Le condyle externe est moins touché, la rotule de façon exceptionnelle (moins de 10%). De rares cas bilatéraux ont été rapportés.
6. Cliniquement l'ostéochondrite se présente comme une douleur mécanique du genou, soulagée par le repos. Il existe rarement un épanchement articulaire. Les blocages articulaires sont encore plus rares.
7. L'examen clinique est peu contributif. En dehors de l'éventuel épanchement et d'une diminution d'amplitude, peu de signes aident au diagnostic. Il s'agit plus d'un diagnostic d'exclusion. Tout genou douloureux chez l'enfant sportif de 12 à 16 ans, normal à l'examen clinique, doit faire penser au diagnostic d'ostéochondrite.
8. La radiologie standard montre peu de chose en début d'évolution. une sclérose du condyle peut être visualisée. Celle- ci est en général peu révélatrice de la taille exact de la lésion. La RMN précise d'avantage la localisation, la taille et le stade d'évolution de l'ostéochondrite.
9. L'évolution est en règle générale très favorable en ce qui concerne l'ostéochondrite juvénile (moins de 12 ans), bonne pour l'ostéochondrite de l'adolescent, mais défavorable lorsqu'elle survient après 16-17ans, évoluant tôt ou tard vers l'arthrose.
10. Le traitement vise avant tout à diminuer les sollicitations mécaniques des condyles. Le repos semble incontournable. Selon les auteurs, il varie entre 6 et 12 mois. Sa durée dépend de la taille des lésions. Une étude podologique est souvent indiquée. Toutes les situations anatomiques provoquant une surcharge du condyle interne doivent être dépistées et corrigées par des semelles fonctionnelles. Lors d'une libération de séquestre ostéochondral dans l'articulation, une arthroscopie de nettoyage est indiquée. Dans le cas de gros séquestre instable mais en place, certains auteur préconisent une fixation de celui-ci. Enfin, lors de dégâts ostéo cartilagineux importants mais bien localisés, la greffe ostéochondrale est de mise.
Dr Hervé AUQUIER
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