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Le dopage sanguin

Dr Hervé AUQUIER
Médecin du sport


Sous le vocable dopage sanguin se regroupent les différentes techniques et manipulations permettant d'augmenter artificiellement les capacités de l'organisme à transporter l'oxygène vers les muscles.

Lors d'un effort en endurance, la filière énergétique permettant la fourniture d'énergie par les muscles est appellée glycolyse aérobie. Comme son nom l'indique elle utilite du glucose comme carburant et nécessite de l'oxygène pour sa dégradation. En d'autres termes, au plus un muscle à l'effort reçoit d'oxygène, au plus il est apte à produire un effort important pendant une longue durée.

Trois techniques dopantes sont utilisees dans ce but : les transfusions sanguines, la prise d'EPO (érythropoïétine) et la prise de substances capable de transporter l'oxygène (dérivés perfluorocarbonés et hémoglobines réticulées).

Les transfusions sanguines.

Il existe deux formes de dopage sanguin par transfusion : les transfusions autologues et les transfusions homologues. La transfusion autologue consiste en une transfusion de son propre sang. Concrètement, un sportif effectue un "don" de sang, celui-ci est conservé congelé et lui est re transfusé quelques jours à quelques semaines plus tard. Entre le don et la transfusion, l'organisme a resynthétisé une partie des globules rouges. Le sang ne pouvant se conserver longtemps, le "don" de sang doit être effectuée peu de temps avant sa re-transfusion. Cette prise de sang pouvant diminuer les performances momentanément, la technique n'est qu peu utilisée car elle fatiguerai le sportif en période de préparation pré-compétitive. Par contre le transfusion homologue est plus simple : il s'agit d'un simple transfusion de sang d'un donneur compatible (même groupe sanguin). Celle-ci peut-être effectuée au moment voulu.

Un test de détection des transfusions sanguines homologues a été mis en place aux Jeux olympiques d’été de 2004 à Athènes. C'est cette méthode qui a confondu le coureur Vinokourov lors de l'actuel Tour de France. L’Agence Mondiale Antidopage finance actuellement des projets de recherche destinés à développer un test pour les transfusions autologues.

Comme les autres formes de dopage sanguin, les transfusions peuvent avoir des conséquences médicales graves. Le sang d’une autre personne peut être contaminé  par différents virus qui peut être transmis pendant la transfusion (sida, hépatites). Dans les cas où des sportifs utilisent leur propre sang, des dangers sanitaires existent, si le sang n’est pas manipulé ou conservé correctement. En outre, un taux de globules rouges anormalement élevé augmente les risques de thromboses cérébrales, d'embolies pulmonaires et d'infarctus.

               

l’EPO ou érythropoïétine

L’EPO est une hormone peptidique produite naturellement par le corps humain. L’EPO est sécrétée par les reins et agit sur la moelle osseuse pour stimuler la production de globules rouges.

Une augmentation du nombre de globules rouges augmente la capacité de transport d'oxygène par le sang vers les muscles.

Si l’usage médical de l’EPO offre d’énormes avantages thérapeutiques dans le traitement d’anémies liées à des cancers ou à des troubles rénaux, son utilisation à des fins de dopage peut provoquer des risques importants pour la santé des sportifs. L'augmentation du nombre de globules rouge peut provoquer des caillots à l'origine de thromboses cérébrales, d'embolies pulmonaires et d'infarctus.

La détection de l’EPO a été introduite aux Jeux olympiques d’été de 2000 à Sydney (Australie). Depuis lors l'utilisaton d'EPO à des fins de dopage a connu un net recul, expliquant probablement la résurgence de méthodes anciennes telles les transfusions.



Les transporteurs d’oxygène synthétiques.

Les transporteurs d’oxygène synthétiques, tels que les transporteurs d’oxygène basés sur l’hémoglobine (hémoglobines réticulées) et les perflurocarbones (PFC), sont des protéines purifiées ou des substances chimiques qui ont la capacité de transporter l’oxygène.

Ces substances sont utilisées à des fins thérapeutiques quand du sang humain n’est pas disponible, que les risques d’infections sanguines sont importants, ou qu’il n’y a pas assez de temps pour vérifier que le sang d’un donneur est compatible avec celui du patient.

Les risque liés à leur utilisation sont les mêmes que pour les transfusions et l'EPO.

Les transporteurs d’oxygène synthétiques peuvent être détectés. Des tests ont été mis en place par les autorités antidopage en 2004.

 

Dr Hervé AUQUIER
Médecin du sport

     


        



        
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