Comment rester concentré pendant toute la compétition ?
Damien PAUQUET
Diététicien nutritionniste du sport
La coordination, la mémoire, la concentration, l’éveil et la vigilance sont autant de fonctions cérébrales qui ne fonctionnent pas sans rien et demande pas mal d’énergie à l’organisme.
En cas d’apports insuffisants en glucose, le cerveau perd rapidement ses capacités cognitives et motrices si bien que les aptitudes du sportif se voient considérablement amoindries.
Outre l’apparition de baisses de concentration imprévisibles, parfois au plus mauvais moment, il n’est pas rare de voir survenir des perturbations du sommeil survenant suite à une libération excessive d’adrénaline sous l’effet de la tension nerveuse.
En effet, cette substance libérée en réponse au stress présente des effets durables, qui se prolongent au-delà de l’interruption de l’exercice, et participent aux insomnies connues des pilotes ou des gardiens de but après le match.
Heureusement pour nous, il ne s’agit nullement de phénomènes irrémédiables ! Certaines pratiques peuvent améliorer les choses ce qui est notamment le cas d’une nutrition adaptée.
Pour éviter toutes ces manifestations désastreuses pour le sportif, un apport régulier en glucides s’impose. Mais attention, tous les glucides ne sont pas équivalents !
Dans le cas de sports qui nécessitent une activité musculaire régulière et globale (course à pieds, natation, cyclisme, gymnastique, sports de combat…), n’importe quel type de sucre peut trouver sa place.
Par contre, les sports qui ne donnent pas lieu à une mise en mouvement significative tel que le tir, les échecs, le billard, le pilotage…se démarquent.
Dans ces cas-là, en effet, tout apport de sucre isolé peut occasionner, lors de son assimilation, un phénomène " de rebond ", une hypoglycémie, qui survient dans un délai variable, de l’ordre de 90 minutes. La fourniture de sucre irait alors à l’encontre de l’effet recherché, puisqu’il donnerait lieu à une baisse soudaine de la vigilance une heure et demie plus tard.
Le seul glucide qui soit utile dans ce contexte est le fructose, car son ingestion ne donne pas lieu au mécanisme compensatoire décrit ci avant.
Un apport de 30 à 60 gr de glucides (glucose, dextrose, maltodextrines ou fructose selon le sport pratiqué et l’intensité de celui-ci) à raison de 10 à 20 gr toutes les 20 minutes environ permettra de maintenir un bon niveau de vigilance.
Inutile de préciser que sans un apport en eau satisfaisant (minimum 500 ml par heure d’effort), toute performance sera fortement compromise.
Après l’effort…c’est toujours l’effort…