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Cas n°13. Cas présenté par Dr Hervé AUQUIER médecin du sport à Medical-33 (1200 Bruxelles). Ostéochondrite du condyle fémoral. Présentation du cas. Un jeune joueur de football de 11 ans présente des douleurs d'allure mécanique des deux genoux lors de la pratique du football. Il présente occasionnellement une boîterie. Il n'y a jamais eu de notion de traumatisme.
Examen clinique. L'examen clinique montre un léger valgum. Il existe un épanchement intra articulaire modéré bilatéral. Il n'y a pas de laxité frontale, sagittale ni rotatoire. Les ménisques sont sans particularité. La palpation des points d'angles postéro-interne est diffusément sensible. L'accroupissement est excessivement douloureux. Les chaînes postérieures sont particulièrement raides.
Examen podologique. L'examen montre un léger genu valgum. En statique, l'appui se fait essentiellement sur les talons. Il existe une pronation importante du médio-pied et de la sous-astragalienne engendrant une rotation interne du tibia à l'appui, ce qui augmente la charge des condyles internes. Il y a peu d'amortissement lors de la phase d'attaque du talon au sol.
Examens complémentaires. La radiographie standard montre une irrégularité des condyles internes. La résonnance magnétique dévoile une ostéochondrite disséquante des deux condyles fémoraux internes (aspect irrégulier des condyles). Il n'y a pas de corps étranger intra articulaire, le cartilage de surface est respecté. (Cliquez sur les images pour les agrandir).

images Dr Clapuyt Philippe Cliniques Universitaires St. Luc - 1200 Bruxelles
Traitement. Un repos sportif de six mois est proposé au jeune sportif. Seule la natation est autorisée. Des semelles fonctionnelles sont réalisées, elles visent à corriger l'excès de pronation l'avant-pied et à amortir l'arrière. Un programme de rééducation en chaînes musculaires est entrepris afin de diminuer les raideurs des ischio-jambiers et du système suro-achiléo-plantaire. Après six mois la pratique du jogging est reprise sans douleur. A huit mois la pratique du football est reprise.
Discussion.
L'ostéochondrite du condyle fémoral se rencontre le plus souvent en pré-adolescence, entre 11 et 14 ans. Certaines formes se rencontrent plus tard. Il est plus exceptionnel d'en découvrir avant 10 ans. En règle général, plus la pathologie survient tôt, meilleur est le pronostic.
Les premiers cas ont été décrits dans la deuxième moitié du dix-neuvième siècle par Paget, puis Koenig. Paget, déjà, différenciait l'ostéochondrite disséquante de la fracture ostéochondrale post traumatique.
La lésion concerne une zone circonscrite de l'os sous chondral qui se nécrose. Dans un premier temps le cartilage de surface est respecté. progressivement celui-ci s'affaisse créant un séquestre ostéo- cartilagineux qui peut se libérer dans l'articulation.
L'étiologie du phénomène est mal comprise. Deux tendances s'affrontent. Dans l'une, des micro- traumatismes répétés sont à l'origine de la lésion, dans l'autre un trouble de la vascularisation locale serait le facteur déclanchant. Des biopsies ont montré que la lésion est constituée d'os sous chondral mort et non inflammatoire, d'où l'idée de certains auteurs de parler d'ostéochondrose et non plus d'ostéochondrite. Les lésions d'ostéochondrites touchent trois fois sur quatre le condyle interne. Le condyle externe est moins touché, la rotule de façon exceptionnelle (moins de 10%). De rares cas bilatéraux ont été rapportés.
Cliniquement l'ostéochondrite se présente comme une douleur mécanique du genou, soulagée par le repos. Il existe rarement un épanchement articulaire. Les blocages articulaires sont encore plus rares. L'examen clinique est peu contributif. En dehors de l'éventuel épanchement et d'une diminution d'amplitude, peu du signes aident au diagnostic. Il s'agit plus d'un diagnostic d'exclusion. Tout genou douloureux chez l'enfant sportif de 12 à 16 ans, normal à l'examen clinique, doit faire penser au diagnostic d'ostéochondrite.
La radiologie standard montre peu de chose en début d'évolution. une sclérose du condyle peut être visualisée. Celle-ci est en général peu révélatrice de la taille exact de la lésion. La RMN précise d'avantage la localisation, la taille et le stade d'évolution de l'ostéochondrite.
L'évolution est en règle général très favorable en ce qui concerne l'ostéochondrite juvénile (moins de 12 ans), bonne pour l'ostéochondrite de l'adolescent, mais défavorable lorsqu'elle survient après 16- 17ans, évoluant tôt ou tard vers l'arthrose.
Le traitement vise avant tout à diminuer les sollicitations mécaniques des condyles. Le repos semble incontournable. Selon les auteurs, il varie entre 6 et 12 mois. Sa durée dépend de la taille des lésions. Une étude podologique nous semble un "must" dans ce cas. Tous les cas vus cette années dans notre centre montrent une nette surcharge de travail au niveau des condyles internes. Cette surcharge n'est pas toujours expliquée par l'anatomie du genou, mais trouve souvent son explication dans la mécanique du pied.
Peu, voire pas, d'étude parlent de l'effet de la supplémentation micronutritionnelle en glucosamine et/ou chondroïtine dans les stades où le cartilage est atteint.
Lors d'une libération de séquestre ostéochondral dans l'articulation, une arthroscopie de nettoyage est indiquée. Dans le cas de gros séquestre instable mais en place, certains auteur préconisent une fixation de celui-ci. Enfin, lors de dégats ostéocartilagineux importants mais bien localisés, la greffe ostéochondrale est de mise.
En savoir plus.
Sur la toile :
• Les ostéochondroses du genou. Chassaing, Lucas et Parier.
Dans les livres :
• L'ostéochondrite du genou. C.L. Stanitski in "Les traumatismes du sport chez l'enfant". Ed. Masson.
• Microtraumatismes du genou chez l'enfant. G. Pennecot in "microtraumatismes du sport chez l'enfant". Ed. Masson.
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